Carnet de route

Si le Cantal m'était conté

Le 01/02/2014 par Anne

- « Le Cantal tu connais ? »
- « Ah oui j’adore mais plutôt celui au lait cru »
- « … ?!… »
Bon ok, ça vaut peut être le coup d’aller découvrir le coin. Si la météo n’est guère mieux que dans les Pyrénées en revanche pour les avalanches c’est plus sûre. Ben attends eh… le Cantal !… D’ailleurs c’est bien simple, chez Météo France ils n’éditent pas de bulletin de nivologie pour l’Auvergne. Alpes, Pyrénées, Corse : oui, mais Auvergne : nada. Alors hein ?! ça veut bien dire que… bon,… le Cantal quoi !


Nous voilà donc embarqués dans le minibus avec une paire de chaines au cas où…mais vraiment aucas où, parce que attends,...le Cantal !... tout content de ne pas sacrifier notre week-end aux caprices des dieux qui depuis près d’un mois s’évertuent à nous dégouter des sports de plein air. Ambiance détendue donc, jusqu’à ce que Christian lance un pavé dans la mare : « Vous en pensez quoi de la théorie du genre ? ». Mince, taire ses opinions pour ne pas gâcher le week-end ou lancer le débat au risque de voir d’un côté les bougons, de l’autre ceux qui ricanent. Et bien non, rien de tout ça. Point de théorie du genre en montagne. Celui qui pense que j'ai tort, qu'il vienne ! Jugez plutôt : Tout le monde aligné dans des dortoirs, chacun faisant sécher sans pudeur ses chaussettes nauséabondes au pied du lit. Ces messieurs, beaux, forts, viriles, choisissent des chaussures jaunes ou rouges et des goretex orange. Ils ne dédaignent pas de porter à l’occasion des sous-vêtements en soie, discutent confort de la plume et réparation d’un accroc, font des courses et préparent la soupe en sachet. Ces dames, loin de jouer les belles des champs, sacrifient l’élégance au confort, enfilent des caleçons longs, délaissent le « tendance » au profit du « technique », repère leur itinéraire sur une carte et sirotent une bière après l’effort. Alors ?


Samedi : objectif Puy Griou. Les flocons dégringolent en abondance depuis le matin. Juste après le col de la Rombière (là, côté « genre » il y aurait peut être à redire en revanche), nous évoluons dans une neige mi-molle et toute humide, le vent souffle, la visi est quasi nulle, la pente se redresse et c’est là qu’une coulée traitresse nous attrape par le flanc gauche. 5 au tapis, mais avec une belle échappée du peloton de tête : Paul, Serge et Chris. Solides comme des rocs, forts comme des turcs, ils s’extirpent de cette masse. Plus de peur que de mal. Pas de bris, de maux, tout juste s’ils rapporteront quelques bleus d’Auvergne. Toutefois, trempés et mental en berne nous choisissons de faire demi-tour. De retour au gîte, quelques buches dans la cheminée, des crêpes et un thé finiront de nous réconforter.


Dimanche matin, le paysage est jonché de neige recouvrant chaumes, crottins ...et pare-brise. Un coup de raclette et zou on file au Puy Mary. Enfin, on file… on file… ça c’est une fois qu’on a mis les chaînes parce que avant c’était plutôt «  on glisse… on glisse ». Belle ballade en raquettes avec juste un coin de ciel bleu avant et après le sommet. Pendant ? ah bah non, là, on s'est juste caillé.
Au final un week-end pendant lequel on aura pris un bon bol d’air du Cantal (… enfin,…sauf quand on poussait le minibus hoquetant ces vapeurs de diesel) et puis faut quand même le dire… on va pas en faire un fromage mais …hein…ce petit goût d’aventure…ben, quand même… le Cantal …

 
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