Carnet de route

Coup de soleil sous les étoiles

Sortie :  Itinérance du 23/02/2019

Le 09/03/2017 par Kimberley, Ryan et Bradley

Qu’est ce qui avait pu les motiver à partager ce huis clos au grand air ? Etait-ce le charisme de Bradley, leur guide, tout juste rentré de son voyage sous les tropiques et encore auréolé du mystère qui entoure les grands voyageurs ? Etait-ce leur lassitude face aux tracas du quotidien ? L’envie de rompre avec les habitudes ? Qu’importe, seules comptaient leur farouche ténacité et leur irrépressible envie de profiter d’une parenthèse loin de tout.
Dimanche, le jour venait tout juste de poindre vers 11h lorsqu’ils s’élancèrent de chez Louisette (c’était bien, c’était chouette !) pour rejoindre le somptueux palace de La Glère niché au creux d’un vallon reculé. « Diable, quel horrible nom » s’exclama Chrystalia. « Disposerons nous au moins de douches chaudes ?». Bradley préféra couper court à ces folles espérances : « Désolé beauté, à compter d’aujourd’hui, nous n’aurons pour toute salle de bain que les champs de neige vierge ».


Tatiana, elle, ne s’inquiétait guère du confort, et misait tout sur la séduction vintage. Vittorio un temps ébloui par son casque nacré aux courbes voluptueuses, ne tarda pas à douter de l’efficacité d’un tel couvre-chef face aux dangers qui ne manqueraient pas de surgir dans les jours qui suivraient. Cet objet n’aurait-il pas été plus à sa place dans un musée ou même dans une cuisine pour égoutter les pâtes ? Cette image le fit sourire, car elle le ramena près de 40 années en arrière, lorsque sa maman lui cuisinait son assiette de Tortelini comme pour le récompenser de chaque journée d’école.


De son côté, Kimberley, efficace et pragmatique, rompue aux expéditions aventureuses, ne laissait rien au hasard lors de l’élaboration de son sac à dos. Un seul oubli pouvait être fatal dans le milieu hostile qui les attendait. Au minimaliste 45 litres de Vladimir elle préféra son 55 litres Deuter modèle 2007 au portage d’un incommensurable confort.  Les sarcasmes de Ryan comparant son sac à un menhir n’entamèrent pas sa détermination et c’est non sans un certains dédain qu’elle lui avait rétorqué « Ouais ben à ta place je la ramènerai pas trop. Avec tes sacoches on dirait un âne bâté. »


Il est vrai que pour Ryan, dont c’était la première expédition, les choix avait été difficiles et s’avérèrent douloureux (pour les ichtyo fessiers). Il abordait cette aventure non sans une certaine appréhension et tenta donc de prendre conseils auprès de ses compagnons. Mais rien n’y fit. Il emporta l’essentiel et le superflu et consacra les 5 jours suivant à différencier les 2.  Un travail sur soi indispensable puisqu’à cette surcharge pondérale vint s’ajouter une indisposition notoire au rayons ardents du soleil notamment lorsqu’il partait à l’assaut de titanesques dénivelés. (Bref, il chauffait dans la pente et pétait de chaud dans son mérinos !)


Pour lutter contre ces températures estivales qui malmenaient les organismes, Vladimir avait quant à lui développé quelques stratagèmes. Il partait solitaire vers les pentes ombragées et verglacées, évaluant parfois bien mal et à ses dépends leur inclinaison sournoise. Il lui arrivait également de plonger casque en avant et skis aux pieds dans des champs de poudreuse avec toute l’énergie dont il pouvait faire montre. Au loin ses compagnons d’aventure s’inquiétaient souvent quant à l’issue de ses chorégraphies improvisées.


A l’issue de cette première journée, le palace de la Glère leur apparu à tous comme une libération. Tous exceptée Chritalia qui à l’enchantement du houblon préféra la griserie d’une boucle qui la menait inlassablement de la terrasse au lac et du lac à la terrasse. A la nuit tombée, ils devisèrent joyeusement autour d’un plantureux repas et de jeux de sociétés jusqu’à l’heure du coucher dans leur somptueux dortoir.


Le lendemain, dès potron-minet, ils s’élancèrent gaillardement à l’assaut de la Hourquette de Mounicot qu’il franchir héroïquement. La descente quelque peu périlleuse donna l’occasion à chacun de s’engager dans les traces de Vittorio dont le style pur et racé ne laissait pas indifférentes les 3 magnifiques créatures qui le dévoraient des yeux. Elles se pâmèrent d’admiration dans son sillage enneigé tant et si bien que Chrystalia chut dans la pente.
Leur enthousiasme les fit passer le col d’Aubert d’un même élan aérien, puis, la descente vertigineuse vers le refuge d’Aumar ne fut qu’un immense nirvana jusqu’à la pause méridienne méritée.
Malgré l’isolement nul n’est à l’abri d’un coup de foudre bref et soudain. Kimberley en fut la première surprise lorsqu’elle vit la porte du refuge s’ouvrir sur deux hidalgos au teint halé qui n’était autres que les maîtres de la nature environnante. Par une habile manigance, elle parvint à leur braquer leur 06. Mais l’idylle platonique fut de courte durée car les obligations du groupe devaient les entraîner plus en aval, sur les bords du romantique lac d’Orédon. Ils avaient décidé de passer la nuit dans une ravissante petite auberge au charme suranné. Ils durent toutefois la partager avec 3 jeunes voyageurs en quête d’un toit. A 10 dans un 9 m2, une seule nuit suffit à ce logis pour prendre les allures et le fumet d’une cabane de trappeur...


Au petit matin Bradley plein d’assurance tenta par erreur de guider le groupe vers une piste semée d’embuches qui promettait de s’achever au fond d’un précipice. Dans un éclair de lucidité collectif ses 6 compagnons d’infortune lui firent manger sa Top 25 1748 OT pour lui apprendre à mieux la lire et choisirent la sécurité en empruntant la route qu’il voyait serpenter sur la rive opposée. Mais ce petit serpent neigeux ne tarda pas à se muer en chemin caillouteux et totalement sec. Pour des amoureux de la montagne la perspective d’une belle randonnée s’offrait alors à eux même si le poids des skis et des chaussures entamait  leur vaillance.


Sur les rives du Lac de l’Oule, ils croisèrent des hordes enforfaités. Aussi affamé que maladroit, l’un d’eux embrocha la cuisse de Vladimir qui se défendis comme un beau diable a grand renfort d’insultes mais en maitrisant ses poings enfiévrés. Bradley décida de fuir ces foules pour gagner des lieux plus sereins. Il avait hâte de rejoindre son havre de paix et cet enthousiasme avait rapidement gagné le reste du groupe. En effet, depuis le début du périple il leur vantait les charmes de sa chaumière:
-    « là-bas tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté ! »
Un tel élan poétique ravi la gente féminine qui jusque là ne voyait en Bradley qu’un aventurier mal dégrossi. Vittorio pour sa part ayant conservé son bandana panthère sur les oreilles se réjoui de gagner un lieu où tout n’était que corde et piolet, luge, glace et bol de thé.


Les 500 m de dénivelé furent avalés promptement et le site se révéla à la hauteur de leurs attentes. Surplombant fièrement les rives d’un lac gelé,  la chaumière de Bastan offrit aux arrivants la perspective de 2 jours emplis de quiétude sereine. Elle leur permettrait de se ressourcer spirituellement et de soigner leur corps martyrisés par les aventures des jours passés : des ichtyo fessiers de Ryan aux plaies béantes de Chrystalia, en passant par les tibias meurtris de Tatiana. Leur séjour fut un perpétuel enchantement : descentes enfiévrées cheveux au vent et pète au casque, liqueur locale débusquée derrière les fagots (ceux à droite du poêle), nuits étoilées à la recherche de Vénus, bains de soleil en terrasse, lumineuses flambées et copieux repas lyophilisés… rien ne leur fut refusé et ce ne put être qu’à regret qu’ils quittèrent les lieux pour rejoindre l’effervescente vallée et sa futile agitation.

 

 

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