Carnet de route

Larunsée

Le 11/02/2019 par Bénédicte

Elle avait commencée avant même notre départ, cette fameuse rincée,
Car, souvenez vous, plusieurs fois, avant de nous retrouver ce vendredi 1er février, le ciel nous tomba sur la tête, comme un avertissement à qui aurait su l’entendre…

Ainsi, Il faisait froid et humide le jour de notre départ,  mais rien ne pouvait arrêter une bande de skieurs charentais, 12 pour être exact, en quête d’eau sous un autre état, H20 en poudre, blanche, duveteuse, vierge, une eau froide peut être mais sèche !

C’est le site de la rincée, en vallée de seau d’eau - euh.. De Laruns en vallée d’Ossau - qui avait été retenu. Nul besoin d’aller plus haut car la neige tombait depuis une semaine jusqu’en plaine.

Le gite choisi :  « L’embaradère » - parfait - avec sa grande salle commune, son poêle à granulés et ses grands dortoirs.

Venons en au fait, à cette fameuse rincée.

Samedi 2 février, les routes étaient enneigées et nous n’avons pas pu monter bien haut en voiture, c’est donc d’environ 650 mètres d’altitude, sur la route entre Laruns et Eaux Bonnes que nous partîmes.

A peine sortis de nos véhicules, c’était de belles gouttes grasses et épaisses, qui, à mon désespoir, ne s’arrondissaient pas pour former des sphères parfaites, petites perles dont on se débarrasse d’un revers de main, mais s’écrasaient de tout leur poids pour pénétrer couches après couches et faire mentir les ingénieurs de Patagonia, Quechua, etc.
Une fois les voitures équipés de chaine - en prévision de la descente -  les peaux collées, les casques vissés sur les cheveux mouillés, nous n’étions plus que des éponges à presser mais rien ne pressait justement et on allait encore s’imbiber d’eau longtemps.

Nous commençâmes notre montée sur un sentier transformé en torrent, un portage de quelques dizaines de minutes sur un sentier en direction du plateau de Gélos.
A un moment précis, - isotherme 0 - le bruit des gouttes cessa et le silence des flocons lui succéda. Instant magique !
Nous primes un peu d’altitude, les branches des arbres apparaissaient chargées, le vent commençait à souffler et parfois c’était un arbre qui se soulageait de son poids de neige à notre passage, nous cherchions parfois l’air, comme en plongée, dans cette atmosphère aquatique où tout l’espace était pris par d’énormes flocons de neige.

Nous avons bientôt traversé une petite clairière - le plateau de Gélos -avons testé les ARVA puis avons continué dans la foret, abandonnant tout sentier pour prendre rapidement de l’altitude dans une pente raide, avec enchevêtrement de troncs, de souches, d’arbres cassés par de précédentes tempêtes ou avalanches ? Nous  avons zigzagué quelques temps, conversions après conversions, entre les pins, les troncs, les racines, la neige était  lourde et épaisse, effort du premier qui fait la trace…

Après pas mal d’efforts, les flocons ayant variés, d’énormes agrégats à de la fine grésille, de plumes duveteuses  à aiguilles agressives,  nous atteignîmes enfin la lisière de la forêt.

Le vent dont nous étions à peu près protégés se leva, nous glaçant encore davantage. Nous étions en pleine tempête de neige. Nous avons continué quelques minutes mais nous étions tous trop glacés et la visibilité, nulle, nous força à nous arrêter, légèrement à couvert d’un petit bosquet - nommé Le Gourzy.

Aussi vite que possible, nous nous sommes préparés pour la descente, qui s’avéra difficile, nos traces de montée avaient en partie disparu, la forêt, assez dense, était sur une pente assez raide. On dut d’ailleurs déplorer une blessée au cours de la descente ! Mais qui, courageusement, s’efforça de descendre jusqu’en bas sans ciller.

Après avoir regagné la petite clairière, plutôt que de prendre la piste de montée, nous avons essayé de couper à travers la foret pour rejoindre une piste forestière. Erreur !  Nous nous sommes retrouvés à escalader des troncs et à démêler des ronces avec nos skis. Enfin, transis, nous avons retrouvé tant bien que mal nos voitures et très bientôt au gite…  Réconfort de l’abri !

Le soir, un curieux manège se fit, une lutte pour le séchage… devant le poêle, les chaussettes succédaient aux vestes,  dans l’espoir de récupérer un peu de chaleur et de se débarrasser de l’humidité. La salle commune se transforma en vaste séchoir où pendaient tout l’équipement des nombreux randonneurs rincés par cette journée…

L’excellent repas montagnard servi par le gite nous remonta le moral.

Quel soulagement, le lendemain matin, de voir les nuages se contenir  !
Nous pûmes alors nous élancer vers le Soum de Grum. Un départ du charmant village de Beost, à environ 700 mètres d’altitude, nous avons porté nos skis sur quelques centaines de mètres, une marche sur une route qui serpentait entre les granges puis montait dans la forêt … Une quinzaine de centimètres de poudreuse et des arbres plâtrés firent notre bonheur ! De nombreux groupes de randonneurs avaient fait le même choix que nous étant donné les risques d’avalanche… mais ils s’étalaient sur les grandes étendues sans nous priver du calme de la montagne.

La route débouchait ensuite au Pé de la Houn, surplombant alors la vallée. Notre petit groupe continua sur une longue crète, alternant plat, petite montée et descentes où le soleil nous rejoignit de moins en moins timidement.
Après un pic nique nous avons commençé une montée  plus soutenue vers le col de Noulatte, à 1832 mètres où nous nous arrêtons finalement, le réel sommet, le Soum de Grum, à quelques dizaines de mètres au dessus, étant soufflé et déneigé.

Belle descente finalement sur les premiers 300 mètres de dénivelé avec une neige fraiche mais un peu lourde… Puis sur la piste, descente rigolote entre champs, barbelés, granges, forêts, petits obstacles sympas… pour arriver finalement jusqu’au village d’où nous étions partis sous un grand soleil.

Une bien belle rando ! Sur la descente, les nuages s’espacent, le soleil arrive, la chaine des Pyrénées, recouverte d’une épaisse couche blanche se dévoile… enfin !

Mais, il est déjà temps pour nous de rentrer vers nos contrées plates et nos marais… jusqu’à de prochaines aventures montagnardes.

CLUB ALPIN ROCHELAIS
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