Carnet de route
LE PERIPLE DES ENCANTATS 2026
Le 28/02/2026 par Benjamin
07/02 /2026
Départ depuis le Club alpin de La Rochelle avec Fred, Maud, Jacques Aurélie et moi (Benjamin). Un premier arrêt a lieu sur l'aire de covoiturage de Rochefort afin de remplir le minibus avec les montées de Thierry, Anne et Jean-Charles. Le trajet se passe bien, la plupart des personnes du groupe se connaissent un peu ou très peu comme moi. Les premiers échanges se font facilement, l'on parle tous de nos diverses expériences de montagne, de voyage et un peu de nos vies, de manière plus générale.
On arrive au camping au milieu de l’après midi, où l'on rejoint Marie-Christine et son amie américaine Anna, qui étaient déjà en repérage sur place depuis quelques jours. Une fois les chambres prises, une sortie en ville afin de faire les dernières courses nécessaires pour les pique-niques s'organise, ainsi qu'un verre de l'amitié dans un bar local de la ville. De retour au camping, un apéro avec l'ensemble de l'équipe des skieurs s'organise, c'est bon enfant, ça parle, ça discute dans la joie et la bonne humeur. Certains restent un peu plus tard afin de faire plus ample connaissance dirons-nous tandis que d'autres privilégient une soirée plus calme.
08/02/2026
Départ du camping, avec un léger retard, notre ami skieur Laurent ne trouvait pas ses clés de son véhicule après la soirée. Finalement nous partons tous ensemble, avec les 2 minibus et les 2 voitures des skieurs. Vu qu'on savait que la neige serait au rendez-vous, l'on ignorait où l'on stopperait les véhicules. Philippe part devant et réussit tant bien que mal à trouver une place le long de la route. Il n'y a malheureusement pas assez de places pour stationner les véhicules à côté du minibus des skieurs pour nous autres. Finalement l'on trouve de la place, à côté du véhicule du Club Alpin des Niortais ! Le monde est petit dis donc !
Une fois les manœuvres faites et les véhicules garés nous voilà tous prêts à partir en quête du moment où l'on chaussera nos raquettes et nos skis afin d'arpenter cette région naturelle qui de prime abord a l'air extrêmement calme et extraordinaire. En descendant du véhicule sur le chemin, se trouve une plaque de verglas que l'on avait pas vu ! Nous sommes bon nombre a glisser dessus sans malheur, c'est ce que nous pensions jusqu'à maintenant. Malheureusement, Anne s'est blessée au poignet a ce moment là. Jusqu'ici tout va bien !
Vers 10h, l'on attaque enfin dans le vif du sujet, raquettes au pied et ski enfourchés, nous voilà partis tous ensemble vers le refuge de Restanca pour déjeuner. La première partie du chemin est calme, le temps est clément et le dénivelé plutôt tranquille. Une première halte à la cabane, afin de recharger les batteries en graines et en énergie et nous voilà reparti vers le refuge de Restanca. Les premières pentes arrivent, le chemin est magnifique sous les arbres, la neige qui tombe, l'on est clairement dans un décor de carte postale. Notre petite troupe avance à son rythme et arrive à l'heure du déjeuner sous la neige au refuge pour déjeuner. Après un peu de chaleur et de sec, nous voilà repartis pour notre escapade pyrénéenne en direction du refuge de Ventosa. La neige s'accentue, les pentes également, nous passons un 1er col, et nous entamons notre descente vers le refuge. Et les skieurs s'en donnent a cœur joie dans la neige fraîche. Nous arrivons au refuge vers 18h, après quelques péripéties sur le trajet, à cause de la météo qui rendait compliqué la lecture des différentes cartes en notre possession.
Après la bière de l'amitié, (on est pas des bêtes!), et le débrief de la journée. Le dîner frugal est servi et tout le monde plus que de raison s'en donne à cœur joie pour se donner des forces pour attaquer la journée qui vient, de bon pied.
09 /02/2026
Après une nuit marquée par la rudesse des lieux environnants, nous nous retrouvons tous le matin pour un petit déjeuner collectif avant de partir pour une journée d'activités autour du gîte où nous avons passée la nuit, nous y passerons une seconde nuit avant de prendre les traces en direction du refuge d'Amitgès.
Nous nous séparons, raquetteurs et skieurs, la météo reste plutôt moyenne comme depuis le début du séjour. Mais aujourd’hui, du beau temps est annoncé en journée, nous avons tous hâte de bronzer un peu. Donc nous voilà partis pour des activités ludiques et importantes en montagne ce matin. En effet, lors de la matinée, nous voilà partis pour des exercices de mise en situation, mise des crampons en situation et utilisation du piolet sur pente. La maîtrise de ces 2 éléments reste primordiale en montagne, j'appréhendais un peu personnellement ce moment car je n'en avais jamais porté, comme d'autres. Mais finalement, avec l'aide de nos encadrants et de ceux qui ont plus d'expériences de montagne comme Aurélie et Maud, tout se passe bien pour tous les membres du groupe.
De retour au gîte pour déjeuner, le soleil fait enfin son apparition et les plus chanceux profitent des quelques places dehors pour enfin profiter du soleil et se croire enfin en vacances. Une fois restaurés nous voilà repartis en direction de la route du lendemain. Une fois les premières pentes repérées, Fred et Thierry décident de nous faire des ateliers « école de neige ». A savoir, d'un côté arrêt sur pentes avec Thierry et recherche de DVA avec Fred. Je commence l'activité dans le groupe de Thierry, avec Aurélie, Ana et Marie-Christine. Nous voilà, en train de remonter le plus haut possible et à sauter dans la pente, en chaussures, en raquettes, avec le sac, ou sans le sac afin de nous apprendre à nous arrêter sur pente. Les rires et les émotions s’enchaînent au rythme de nos sauts dans la neige. Voila le moment de changer de groupe, et nous voilà repartis en direction de Fred que l'on retrouve un peu plus loin sur le chemin. Nous le retrouvons, en sueur, inquiet, il nous met en situation le coquin ! En nous expliquant que Jacques et Jean-Charles ont disparu sous une avalanche, alors qu'ils sont en train de sauter dans la neige avec Thierry. Nous voilà partis à la recherche des deux DVA enterrés, nous partons tous têtes baissées avec nos DVA à la main, sans organisation claire, nous nous marchons dessus, personne n'a de sonde ni de pelle notamment. Après un sermon de Fred, nous organisons le groupe et nous trouvons non sans mal, les deux DVA sous les pelles.
De retour au gîte, nous nous retrouvons pour la bière de l'amitié en équipe et nous débriefons sur la journée du jour et nos erreurs notamment sur la recherche de DVA, où pour être efficace, une personne doit prendre le lead et diriger les autres dans les recherches. Puis nous abordons la journée de demain qui s'annonce longue et difficile avec la météo annoncée, vent, neige, pluie...
10/02/26 : Le jour le plus long
Après un petit déjeuner frugal nous partons vers 8h30 en groupes distincts mais plutôt proches entre raquetteurs et skieurs. La journée s'annonce intense, nous avons de la mauvaise météo, de la neige, de la pluie par moments, et du vent. Les conditions ne sont pas optimum mais le groupe avance tant que peut, tantôt guidé par les skieurs et tantôt par les raquetteurs. Plus nous avançons, plus notre visibilité se restreint par moments, au fond de nous, on sait que la journée vers le refuge d'Amitges va être longue. Notre groupe est ensemble, parfois légèrement séparé mais jamais très loin des autres. Malheureusement, les conditions météos prévues sont au rendez-vous, neige, vent, pluie, la sortie du jour n'est clairement pas une partie de plaisir pour tout le monde, mais nous avançons soudés mais notre rythme n'est pas très rapide. Le vent est tellement fort que dans la montée d'un col, Jacques y laissa sa protection de sac. Lors de cette même montée, la pente est raide et la météo s'aggrave, la pluie se mèle aux aléas climatiques. Nous arrivons tant bien que mal à monter ce col, et nous retrouvons tous en haut du col afin d'attendre les retardataires. Et afin de préserver un peu de chaleur et de bien être, nous nous rapprochons un peu, à l'image des pingouins sur la banquise lors de tempêtes. Finalement nous repartons en direction du refuge, après une légère et humide pause repas au milieu de la nature, nous reprenons le chemin du gîte qui est, mine de rien, encore plutôt loin.
Il y avait deux possibilités de chemin vers le refuge, nous prenons le chemin par le bas, malgré nous. La visibilité n'est pas optimale et la lueur du jour commence à se faire difficile. Il va être temps de sortir les frontales et de finir le parcours du jour avec nos lumières respectives. Nous ne sommes pas encore arrivés à bon port, que l'ensemble des deux groupes s'éclate en plusieurs mini groupes, skieurs et raquetteurs se rassemblent par 2, 3, 4... Plusieurs personnes éprouvent des difficultés liés au froid, à la fatigue, aux peaux qui ne collent plus, quelques chutes par ci-par là, ne nous font pas peur. Nous relevons ceux qui chutent et remotivons ceux qui étaient dans un mauvais mood et notre mini groupe prend de l'épaisseur. Devant nous il y a des éclaireurs, skieurs et raquetteurs ouvrent le chemin pour ceux qui sont a l’arrière et préviennent le gîte que nous arrivons et que nous avons subi des difficultés tout au long de cette journée. Cette fin de parcours, paraît infinissable, nous sommes toutes et tous littéralement trempés de la tête au pied. Finalement, le dernier groupe dont je suis membre arrive vers 21h30-22h.
Nous arrivons et nous nous changeons avant de retrouver un bon repas chaud, grâce à la gentillesse et à la bienveillance de nos hôtes qui ont laissés ouvert la cuisine si tard. Ils avaient même prévenu les autorités ne nous voyant pas arrivés. VU notre heure d'arrivée et notre état physique et psychologique, les activités de demain sont annulées, nous avons tous besoin de repos et de faire sécher l'ensemble de nos affaires.
11 /02/2026
Après une bonne nuit de repos et de sec, chacun vaque a ses occupations en cette matinée et essaye de trouver un chauffage ou un porte manteau de libre afin de faire sécher ses affaires. Nous déjeunons au gîte, et Philippe, Thierry et Fred décident de faire un débrief général afin de recueillir les émotions de chacun et nous proposer une possible alternative sur la suite du séjour dans les Encantats, car la météo ne va pas s'améliorer dans les prochains jours et nous avions encore une très grosse journée de marche le lendemain.
Chacun prend la parole chacun son tour, tout le monde s' écoute. Ce moment là est assez émotif car nous nous rendons compte que chacun a vécu des moments difficiles, et le ressenti, d'un être humain à un autre, n'est pas le même. Vu les conditions météorologiques des prochains jours, nous prenons la décision unanimement de modifier notre parcours et de redescendre vers une station, ou un village et de rentrer plus tôt que prévu sur La Rochelle. Avec l'aide de nos hôtes nous trouvons une porte de sortie vers le village d'ESPOT et un hôtel pour accueillir notre groupe le lendemain.
Malgré tout la journée n'est pas finie, et les plus courageux dont je fais partie sortent en raquettes, afin de retrouver les traces de la soirée de la veille. Nous sortons à trois, Fred, Aurélie et moi, malgré une petite boucle bien sportive nous ne trouvons aucune trace de la veille, de l'autre côté une mini équipe de skieurs font de même de leur côté. Près du gîte, Fred décide de nous montrer une coupe de neige pour nous expliquer la composition du manteau neigeux.
De retour au gîte, des jeux de société, et des étirements comme tous les soirs avec notre kiné préféré Jean-Marc s'organisent dans la joie et la bonne humeur. La bière de l'amitié et le repas frugal de rigueur clôture une soirée riche en émotions.
12/02/2026
Donc nous voilà partis vers le village d'Espot, 8h30 pétantes, nous mettons nos raquettes et entamons notre dernière descente de l'aventure espagnole. Cette fois-ci, les skieurs, nous mettent beaucoup d'avance, nous les reverrons qu'une fois arrivés à Espot. Au début de la descente, la météo est plutôt calme mais vite le mauvais temps refait son apparition, des vents à plus de 100 km/h étaient annoncés sur cette journée. Inconsciemment nous sommes content de ne pas être en haut et d'être au plus près des événements climatiques. Nous apprendrons par la suite, que les stations de ski dans le périmètre ont fermé pour cette raison. Nous empruntons le GR11, d'abord en raquettes, puis à pied plus nous approchons de notre destination. Sur le chemin, quel n'est pas notre stupéfaction quand nous arrivons nez-à-nez avec le vestige d'une vieille avalanche. Fred et Thierry prennent la situation au sérieux et nous faisons une chaîne humaine, un à la fois dans le chemin de l'avalanche, et nous nous aidons mutuellement à monter puis redescendre sur le sentier. Et puis soudain, rebelote, nous tombons sur un second vestige d'un tracé d'une avalanche.
Finalement, nous arrivons vers 12h à notre destination, et nous retrouvons les skieurs en train de déjeuner au soleil, et nous partageons la bière de l'amitié pour l'anniversaire d'une skieuse. Ensuite, Fred et Philippe prennent un taxi pour aller récupérer les véhicules, tandis que nous autres prenons possession de nos chambres pour notre ultime nuit espagnole. Dans l’après midi, chacun vaque à ces préoccupations, repos, ballades, préparation du sac pour le retour. Pour notre dernière soirée, un repas dans un restaurant local est prévu.
Peu avant d'aller au restaurant, l'équipe des raquetteurs, se retrouve pour partager, un verre dans un bar local, une personne, part dans la boutique d'à côté acheter des souvenirs, de la nourriture, et finalement, nous y allons tous un par un quasiment, fromage, saucisson, miel, charcuterie. Nous avons refait le chiffre du jour de la charmante commerçante. Nous retrouvons ensuite les skieurs au restaurant, et nous partageons un repas plutôt frugal où la bonne ambiance est de rigueur. Nous partageons, un dernier moment tous ensemble, et les échanges fusent, nous nous connaissons tous depuis peu, mais les événements ainsi que les personnes qui forment ce groupe font que des liens se sont tissés assez simplement et naturellement.
Une remarque intéressante, il y a également un autre grand groupe dans le restaurant, qui une fois que nous nous apprêtons à repartir interpelle Thierry, pour lui signaler qu'il est le sosie de Robert Redford, immense rire dans l'assemblée. Et au même moment, Fred nous sort une photo de lui étant jeune, et un air de Maxime LeForestier, apparaît plus nettement que Robert avec Thierry.
Ensuite chacun regagne sa chambre, une petite dernière sortie sur le parking avec Thierry s'organise afin d'observer le ciel, mais malheureusement, il est trop couvert ce soir pour observer quoi que ce soit.
13/02/2026
Au réveil, nous prenons notre petit déjeuner dans un petite cafétéria en face de l'hôtel. Puis voilà l'heure de repartir et de regagner La Rochelle, notre port d'attache. Sur le trajet, nous déposons d'abord Marie-Christine et Anna au camping de la première halte. Elles devaient encore passer une journée ou 2 dans le secteur avant de remonter vers Bordeaux, où Anna devait prendre un transport vers Paris et prendre un avion vers son pays d'origine.
Ensuite nous déposons Aurélie à Tarbes, qui a encore une semaine de vacances, la chanceuse. Elle part en direction des montagnes Pyrénéennes du côté d'Argeles Gazost. Nous prenons finalement, un jeune auto-stoppeur que nous déposerons à notre arrivée près du boulevard Sautel. Nous arrivons à La Rochelle au local vers 17h, après avoir laissé Jean-Charles, Thierry et Anne sur le parking de Rochefort. Arrivés au local, nous aidons Fred à débarrasser le coffre, les skieurs sont déjà arrivés depuis un petit moment. Une fois le matériel sorti, c'est le temps des adieux et chacun repart chez lui.
Pour conclure, cette expérience avec le club alpin rochelais restera à jamais gravée dans les mémoires des participants. Nous avons certes vécu une journée du 10 février longue, difficile, dangereuse par instants. Mais la solidarité a fait que chacun est revenu entier et c'est bien le plus principal. Et il ne faut jamais oublier que la Montagne est un milieu naturel incroyable mais qui peut être incroyablement hostile, Ce jour là, nous avons été confronté à une forte hostilité. C'est avec plaisir que je repartirai en raquettes, en randos, voire en ski avec le club.
Et de plus ce qui fait la force de ce groupe, de cette association, c'est le passage de témoins entre générations, et la bonne humeur ainsi que la simplicité entre les membres de l'association.
Que cette journée du 10 février, reste dans les mémoires du club afin que cela ne se reproduise pas tout simplement
Comme dirait l'adage club alpin un jour, club alpin toujours.
Bien Amicalement
Benjamin Richetta




